Les objets
Cette petite page est destinée à vous faire penser un tout petit peu lorsque vous vous trouverez devant un objet inconnu. La tentation, sera de lui donner un coup de pied, de passer votre chemin, de l'oublier ou, pire, de l'ignorer. Cependant, nos placards et nos étagères sont encombrés de ces mêmes objets qui n'ont de valeur que celle de nos souvenirs. J'en ai certains chez moi qui partiront peut-être vers un décharge publique lorsque j'aurai quitté cette vie. Que faire pour les partager avec d'autres, pour les sauver de l'anonymat? Ne pas sombrer dans le fétichisme mais raconter des tranches d'histoire.
Le quart
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Un quart comme des millions d'autres. Un récipient
à tout faire pour des soldats en campagne. Aucune valeur marchande. LAMACCHIA Déjà nous avons un nom, Lamacchia. Ce quart
a été tenu et transporté par quelqu'un qui s'appelait
Lamacchia. Finit l'anonymat. Souvenir d'une mauvaise plaisanterie Septembre 1939
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Septembre 1939, nous avons une date. 1939, c'était le début de la seconde guerre mondiale. Notre soldat Lamacchia parlait le français et n'était pas très heureux de sa situation (pourrait-on le blâmer?).
Tournons encore. a René Lamacchia Pour son 9ieme anniversaire 11/11/39 Notre soldat avait un fils. Pour son neuvième anniversaire, le seul cadeau qu'il pouvait lui faire, c'était le quart qu'il avait gravé lui même. Un personnage burlesque portant un monocle, un chapeau trop petit, un noeud papillon, une fleur à la veste et une cane. Peut-être une vedette du music-hall de l'époque. Le coté droit du personnage n'est pas fini. Est-il arrivé quelque chose à Lamacchia ou a-t-il eu peur de ne pas pouvoir l'envoyer à temps? En tout cas, quel contraste avec "Souvenir d'une mauvaise plaisanterie"! |
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Dernière face de cet objet qui vient de se charger d'émotions:
Humble
avec les humbles
mais plus fier
que les fiers
Quelle belle phrase, je la mettrais bien sur le blason de ma famille, si nous en avions un.
Voila, nous avons fait le tour d'un objet qui aurait pu vous sembler
sans histoire, sans âme. Alors je vais vous dire le reste.
René, c'était mon père et ce cadeau, il le reçu
d'un père qui le quitta, non pas avant le 11 Novembre 1939, date de son
neuvième anniversaire, mais avant la fin de cette guerre en 1945 alors
qu'il ne portait plus l'uniforme. Ce quart était probablement le seul
objet de vrai valeur pour lui car il venait du coeur d'un père qui l'avait
quitté beaucoup trop tôt.
Avant de disparaître à son tour, mon père a insisté
pour que je garde l'objet pour que je le passe à mon tour.
Aujourd'hui, je vous ai passé un petit bout de notre histoire, celle
d'une famille humble avec les humbles mais plus fière que les fiers.
27 Juillet 2003